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GRANVILLE…un déambulatoire historique !

Les faits et méfaits actuels de notre « grand-ville » nous renvoie à notre passé. En fait, il y a plus de quatre ans, pour le compte du Mouvement Normand, je me suis lancé dans des recherches historiques sur notre ville.

Après en avoir établi une synthèse, claire et lisible par tous, un article est paru dans « L’UNITE NORMANDE » n° 325 de novembre 2012, sous l’intitulé « GRANVILLE la Normande ». Ce texte a reçu, à ce moment là, les approbations des autorités normandes et de Granville, lesquelles avaient jugé opportun ce résumé de l’histoire de La Roque.

En reprenant les diverses périodes, facteurs d’évolution de son développement, nous nous apercevons que Granville a subit les aléas des implications menées par le pouvoir central. J’avais aussi constaté, que les  débuts de périodes fastes coïncidaient souvent à une visite de personnalité de haut rang, laquelle venait ici afin de jouer les généreux donateurs. Ce fut le cas, par exemple, de Louis-Philippe 1er, en 1833, lequel vint en visite à Granville et généreusement fit engager des travaux importants :

  • création de la caisse d’Epargne (1834)
  • début des travaux du bassin à flot (1843)
  • travaux de distribution d’eau (1841)
  • remblais au sud du Boscq (1839-41)

La chute du Roi et de la Monarchie de Juillet, puis l’avènement du Second Empire, eurent des répercussions très négatives sur les affaires et sur le commerce des morutiers. Les historiens appellent cela une « décadence ». Il fallut attendre la paix revenue après le conflit 1870-71 pour qu’un nouvel essor se dessine. La ligne de chemin de fer Paris-Granville, ouverte en 1870, permit ce nouvel essor et alors Granville put traverser avec joie et sérénité cette « Belle Epoque » où se conjuguaient tous les plaisirs du moment (Bains de mer, Casino, tennis, golf). J’avais noté que depuis Paris, étaient organisés des « Trains du Plaisir ». Ce fut dès cette époque que Granville subit l’influence parisienne ; personne ne s’en plaignit. Mais une nouvelle fois, le conflit mondial (1914-18) vint briser cet élan d’espoir et, entre les deux guerres, les morutiers désarmés finiront leur vie dans une pourriture invraisemblable dans les eaux du petit bassin. Les personnalités de l’Etat cessèrent peu à peu de s’intéresser à Granville. Même après le cataclysme de 1944, la ville ne put jouir de subsides issus des dommages de reconstruction. En effet, ceux-ci furent alloués en priorité aux villes anéanties et Granville n’était pas dans ce cas. L’effet immédiat s’est fait sentir car le développement économique s’est compliqué, malgré les « 30 glorieuses ».

Cela veut dire que Granville, cité de bord de mer, où le secteur économique est réduit, ne peut compter que sur elle-même. Le présent se traduit par une  immense « imagination » que nos dirigeants doivent puiser dans leur plus profonde intelligence, en étant des « visionnaires hors pair ». En 2016, où sont les études économiques positives de la ville? Qu’en est-il du devenir de notre territoire, désormais accroché à une nouvelle rame qui s’intitule GTM ?

Il faut que nos dirigeants sachent, une fois pour toutes, que les subsides de l’Etat ne serviront plus jamais de facilitateurs budgétaires ; ceux-là même qui permettaient « bon an, mal an » de masquer les réalités financières.  Combien de mois ou d’années seront nécessaires pour que l’on comprenne que la « chose publique » n’est pas un « bilboquet » mais plutôt le théâtre où il se joue du Corneille à la préférence de toute comédie humaine.

Enfin, dernière venue sur le métier de notre territoire, la fusion entre Granville et Donville les Bains. Si l’on se penche sur les détails de l’histoire locale, nous découvrons que ces deux cités voisines ont joui d’un passé commun très riche. Par exemple, la création de l’hôpital (site de Sévigné) en 1857, justifia l’annexion par Granville d’une partie de ce plateau alors Donvillais. Aujourd’hui, Loi NOTre et ses conséquences obligent, une réelle fusion devrait voir le jour en 2018. Personnellement, je pense que l’idée est plutôt bonne, mais dans ce genre d’affaire (ou de mariage) il y a un critère de choix qui entre en ligne de compte. La mariée est-elle trop belle ? Y a-t-il la confiance mutuelle ?  Quel est le « projet de territoire » ? Comment gérer ce territoire sans en passer par des intérêts « personnels » sous-jacents ? A vrai dire, les réponses n’affluent pas très vite. Une fusion-création de nouvelle entité doit surtout avoir de l’intérêt pour les citoyens. J’avoue que je suis interrogatif. Au-delà de ces interrogations collectives légitimes,  allons-nous encore laisser passer le convoi ?

Quand le dédale devient déambulatoire,

Quand le déambulatoire devient labyrinthe,

Que nous reste t-il ?

Le sextant et la boussole… !

Les marins apprécieront… !

Pierre JUHEL

L’ Histoire en question

GRANVILLE, la Normande… !

1 réponse
  1. Amenska
    Amenska dit :

    Très instructif ce détour historique. Il y a quelques années, un été, en consultant les archives de la mairie de Penvenan dans les Cotes d’Armor, je me suis aperçu avec grand étonnement que la ville de Granville (ou peut-être le port) rayonnait sur pratiquement toute la côte Nord-ouest. Granville au XVIII° siècle était au moins administrativement plus important que Saint-Malo!
    Autre chose: à propos de la fusion des communes, j’ai appris que Saint-Pair, Yquelon, Saint-Planchers, St Pierre-Langers etc…avaient décidé de faire bande à part. On pouvait s’y attendre du reste. Mais comment ces communes vont-elles pouvoir n’en former qu’une seule? Il me semble avoir lu quelque part que le seuil fixé pour les nouvelles commune serait désormais de 15000 habitants. Pour des villes comme Avranches et Coutances, cela ne devrait pas poser problème. Mais pour les petites communes? Combien de petites communes entre 100 et 500 habitants faudra-t-il réunir pour atteindre 15 OOO habitants? 50? 100? Chiffre énorme quand on y songe. Preuve supplémentaire que cette « réforme » pondue par des technocrates qui n’ont jamais mis les pieds en campagne est absurde. Bon. Il est possible que j’ai mal lu après tout. Si quelqu’un pouvait m’éclairer…

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