La fin des Journées du livre à Granville ?

Que pensez-vous de cet article paru dans le Ouest France du samedi 17 janvier 2015?

Elles avaient lieu l’été, sur deux jours, depuis 31 ans. Puis, sur un jour en 2014. La baisse des subventions leur porte un coup fatal.

Trois questions à…

Bernard Gourbin,
vice-président de la Société des auteurs de Normandie (SADN)

Qu’arrive-t-il aux Journées du livre de Granville ?
Nous annonçons la fin du salon du livre, faute de moyens. Il avait lieu, depuis 31 ans, le premier week-end du mois d’août, recevait environ 80 auteurs, pour une fréquentation sur deux jours avoisinant parfois les 5 000 visiteurs. L’an dernier déjà, nous avons dû ramener cet événement sur une journée, en juillet. La 32e édition n’aura pas lieu. Trouver des auteurs régionaux n’est pas le problème. Il nous faut des personnalités d’envergure qui attirent le public. Tout cela a un coût (restauration, hôtel…).

Pourquoi un arrêt cette année ?
Par manque de moyens financiers. Depuis deux ans, nous ne recevons plus rien du conseil régional ni du conseil général, alors qu’ils nous subventionnaient à hauteur de 10 000 €. La municipalité, qui nous octroyait auparavant 2 500 €, revoit ce chiffre à la baisse de 10 %. Le peu d’enthousiasme reçu, lors d’une rencontre en mairie fin décembre, avec Mme Deniau,adjointe à la culture, ajouté à ces nouvelles restrictions, nous porte un coup fatal.

Y a-t-il encore un espoir ?
Un courrier a été adressé à Mme Baudry, maire de Granville, il y a deux semaines, annonçant en quelque sorte le faire-part de disparition du salon du livre de Granville. Pour l’instant, pas de réponse. Dans cette lettre, le président de l’association, Michel de Decker s’est dit navré de ne plus afficher brillamment le nom de Granville dans le monde du livre comme nous avons su le faire pendant plus de 30 ans. Perdre les Journées du livre est une énorme déception.

Recueillis par Fabien JOUATEL.

Article issu de l’édition de Sud-Manche du samedi 17 janvier 2015

11 réponses
  1. Michel Peyre
    Michel Peyre dit :

    Ces journées du livre étaient un moment fort depuis 31 ans à Granville. On y a vu défilé des écrivains normands de renom , et aussi des têtes d’affiches comme Laurent Joffrin, Didier Decoin, Jean-François Khan, et bien d’autres encore. Cet événement national à Granville était porteur d’une réalité culturelle. Ce n’est vraiment pas opportun de l’arrêter aujourd’hui ou la ville veut obtenir le label « Ville d’Art et d’Histoire ».
    Je dois probablement me faire une mauvaise idée de la Culture. La Culture à Granville serait-elle maintenant résumée à quelques heures de présence à Granville du Prince Albert de Monaco. Quelques photos et beaucoup d’argent dépensé. Avec tout le respect que je porte au Prince, la culture bling bling est-elle l’avenir de Granville pour certains? Pas la mienne.
    S’il vous plait Madame le Maire faites un tout petit effort financier pour sauver ces journées du livre.
    Merci d’avance.

  2. HUGUENAN
    HUGUENAN dit :

    Rien à foutre du Prince de Monaco. On est pas là pour faire sa pub. Mais p’t ben qui vient faire celle de Baudry.

  3. GUITON Anne
    GUITON Anne dit :

    Culture et patrimoine sont deux notions très eloignées des priorités que Mme Baudry a decidé pour sa ville.
    Une fois qu’on le sait, on sera moins surpris de tout ce qu’il y aura en moins pendant 5 ans.
    Peut être un financement participatif (crowfunding) entre ceux qui « lisent » encore permettrait de conserver cet évènement.
    De tout coeur avec vous; Anne Guiton

    • M-Ch Sevestre
      M-Ch Sevestre dit :

      Ce matin, j’étais ahurie en lisant cette information. La culture à Granville diminue comme neige qui fond…
      La première politesse est de répondre rapidement à un courrier : silence dû à une erreur de secrétariat après deux semaines ?
      Les journées du livre sont un moment privilégié pour les anciens marins dont la vente des billets de tombola aide ceux qui ont des difficultés financières, sympa aussi de discuter avec ces anciens .
      Les contacts avec les écrivains qui ont la gentillesse de dédicacer nos achats et de prendre le temps d’expliquer leurs écrits ouvrent nos esprits et nous permettent de nous approvisionner en connaissance de cause.
      Les libraires sont également présents.
      Si j’entends parler d’un livre à l’émission  » la grande librairie » ou autre, il m’arrive d’attendre de savoir si l’auteur vient à Granville pour l’acheter au lieu de le faire sur le net.
      J’ai tellement cru en Granville ! je ressens comme un cancer qui ronge ma ville d’adoption.

  4. Herve c
    Herve c dit :

    Chère Anne oui tout est dit . Mépris du patrimoine et maintenant du salon du livre …une fois de plus. Cf l’autre post au sujet de la vente de Bazeilles. La culture discrète mais au combien profonde, riche et essentielle est bafouée je ne peux le croire .mme le maire n’a donc que en guise de vision culturelle, étriquée celle d’ une ville de mode ´´.je ne veux le croire!!! Je vous partage la dédicace que m’avait signé mme Simone Veil lors de son passage au salon du livre en 2007. Pour la promotion de son livre  » une vie » .
     » Une vie à laquelle j’ai été confrontée pour le pire et le meilleur mais dont je ne veux retenir que le meilleur. Que se le dire vous porte chance » .
    Cette annonce comme beaucoup de lecteurs passionnés est vécu comme  » un pire  » pour nous et notre ville. OUI puisse y avoir une réponse collective pour faire en sorte que le meilleur puisse ressurgir. Faudra t’il confectionner un char lors de carnaval pour le salon du livre? Je suis affligée .

  5. Joël BELLENFANT
    Joël BELLENFANT dit :

    Bou, cela sent mauvais, très mauvais, il y a un côté Farenheit 451 là dedans, 8 jours après que des dessinateurs, des journalistes aient été assassinés, toujours moins de culture cela ressemble étrangement au comportement de certaines municipalités nouvellement élues !!! Après le discours sur la liberté d’expression devant 7500 personnes réunies dimanche dernier, Mme le maire passe à l’action, c’est fort. Beaucoup pensaient cette année on va pouvoir parler encore plus avec les auteurs, laisser une place plus grande aux caricaturistes, flop total. Après la réduction d’un jour l’an dernier, la suppression ainsi qu’il a été dit ci-dessus. La culture permet l’élévation de l’esprit et l’émancipation pour affronter la vraie vie. Alors oui à l’organisation participative et démocratique de ce salon.

  6. BROOM
    BROOM dit :

    Les véritables responsables du manque de financement ne seraient ils pas les auteurs vedettes un peu trop gourmandes au delà des recettes qu’elles engrangent en vendant leurs livres.
    Question : Qui paye leurs frais de déplacement et restauration etc. ?

    Bon Week-End à tous

  7. M-Ch Sevestre
    M-Ch Sevestre dit :

    Mes respectueuses pensées pour Georges Fleury, créateur du salon du livre ( son bébé…) et organisé par l’ Association des Anciens Marins de la Marine Marchande, il a fallut une certaine dose de courage et de foi pour créer un tel évènement, je garde le souvenir des auteurs réunis au casino, quelle riche animation culturelle avant de se réunir salle du Hérel, le casino ne pouvant plus recevoir les écrivains chaque année plus nombreux.
    C’est en effet plus facile et rapide de tout détruire que de faire l’effort d’une nouvelle organisation en cette période de crise.

  8. Mireille TOUCAS
    Mireille TOUCAS dit :

    Le salon du livre ne concernait pas que les habitants de Granville !!! Tout le pays granvillais est concerné et il me semble que le problème devrait être etudié par la communauté de communes !! Chaque commune peut particiciper !! . beaucoup de retraités habitent aux alentours de granville et tous etaient des fidèles de ce salon !!
    M.TOUCAS

  9. Herve c
    Herve c dit :

    Puisque le triste de constat de la démission successive d’une participation financière des organismes d’états , région, département et maintenant municipale ( il semblerait que mme Deniau , dont la curieuse affectation en charge des affaires culturelles de granville ,alors même que personne ne peut déplorer son investissement dans son action sociale au travers de son engagement pour lutter contre la maltraitance des femmes ) je crains que malheureusement son énergie remarquablement déployée contre ce fléau réel soit au détriment de l’intérêt et des enjeux culturels important à mener au nom de tous les acteurs concernes par la culture de Granville . Est ce quelqu’un pourrait mettre en relation Mr de Decker en relation avec le rotary pour organiser éventuellement un événement de récolte financière afin de sauvegarder ce salon du livre ?

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