Pierre Juhel

Peut-on s’opposer à la mer ?

Voilà l’édito proposé cette semaine par La Manche Libre….Excellent sujet que nous connaissons bien dans notre région.

Je voudrais simplement rappeler que ce sujet a été traité par nous UDI écologie 50 lors de notre journée de sensibilisation le 5 novembre dernier, salle de Hérel à Granville. Et le réchauffement climatique, s’il devient une circonstance aggravante, n’est pas seul en cause, loin s’en faut. Nous savons tous, l’Etat et les collectivités en premier, que les effets de la mer, de ses courants ou de ses excès parfois, modifient le paysage côtier en les érodant et plus spécialement dans les zônes sableuses.

Il y a un dicton bien connu qui circule depuis des lustres « la mer reprend toujours ce qu’on lui a pris ». Certes, il paraitra simpliste à certains, mais je profite de l’occasion pour rappeler qu’en 2014, nous avons assisté au procès sur les conséquences de la tempête Xynthia en Vendée (2010) où des dizaines de morts furent constatées.

Et « Xynthia » c’est quoi ?

C’est justement l’exemple des conséquences de la conquête de l’homme sur la mer qu’il ne faut pas faire, mais que l’homme, par appétit boulimique de vivre au bord immédiat du rivage, transgresse en permanence. Et cela se traduit sur le terrain par des transgressions graves aux règles élémentaires d’urbanisme et de précaution. La loi littorale a apporté un peu de répit ou a limité certains excès, mais il faut le dire, est très souvent mise à mal par des promoteurs peu scrupuleux et des élus du même style dont le seul but est l’attirance de population. En cela, Xynthia revêt un caractère mortifère car jamais on n’aurait dû construire à cet endroit. J’ai eu l’occasion de visiter ce site il y a 30 ans, bien avant cette urbanisation. Mais ne nous y trompons pas, des sites comme Xynthia, il y en a des milliers en Europe. En Gironde, sur la côte landaise, il y a un immeuble, relativement récent, qui est évacué car l’érosion a fait son œuvre, et à présent dangereux (v. photo). Un autre exemple à ne pas suivre.

A la question posée par La Manche Libre : « peut-on s’opposer à la mer ? » , la réponse est catégorique « NON ». Et ce ne sont pas les prévisions du GIEC qui vont nous donner la réponse inverse, car d’ici à 2100, les eaux vont probablement monter d’un mètre, à cause du dérèglement climatique de la planète provoqué par l’homme.

Pierre JUHEL

UDI écologie 50

3 réponses
  1. Joël BELLENFANT
    Joël BELLENFANT dit :

    Qu’il serait heureux que de nombreux maires du littoral de ce département vous entendent ainsi que les sénateurs qui proposent purement et simplement de réduire les effets de loi littorale, mais pourquoi bon sang, il semble que Xynthia soit oubliée !!! De plus les condamnés font appel, c’est sympa pour les familles des victimes, sans compter les nombreux élus qui se sont élevés contre cette première sentence « injuste » ?

  2. Augustin
    Augustin dit :

    Un peu de bon sens ne ferait pas de mal. Tant au niveau des maires que des acquéreurs de ces terrains. Il faut être complètement idiot pour ne pas penser qu’un jour la mer ne reprendra pas sa place. Quand on construit sur le sable il faut se poser la question de ce qu’il y avait là avant. J’ai toujours entendu dire qu’il fallait construire là où nos ancêtres construisaient. Cela veut tout dire…

  3. francoise
    francoise dit :

    Un exemple qui sort un peu du cadre de Granville, mais qui pourrait être un cas d’école, au risque de paraître hors sujet :
    Lors du très récente promenade à Regnéville, j’ai constaté que certains habitants apposaient une affichette informant les passants d’une très prochaine révision du PLU en vue d’une « densification » de l’habitat : construction d’immeubles (dont la hauteur dépasserait bien entendu la hauteur maximum admise aujourd’hui), etc… Sans doute les promoteurs:lotisseurs ont-ils promis un développement économique formidable, avec arrivée massive de commerçants, etc… Habituellement (et logiquement), c’est plutôt dans le sens inverse que les choses se passent : le développement économique d’un village, d’une ville, d’une région attire des habitants. Aux collectivités locales d’entreprendre concomitamment les constructions nécessaires (quelques fois, le nombre de logements vacants est temporairement suffisant pour évaluer intelligemment les besoins -Mme Baudry ferait bien d’y réfléchir), Elles ont les indicateurs pour projeter les besoins selon l’évolution économique. A moins que d’autres paramètres n’entrent en compte pour prendre des décisions inconsidérées ? Comment attirer une population s’il n’y a pas (encore) de travail, s’il n’y a plus de médecins, s’ily n’y a plus d’hôpital à moins de 45 mn, si l’école ferme ses classes une à une ….
    Si « la mer reprend ses droits », va-t-on assister au même drame qu’à La Faute sur mer ??? Les élus sont-ils inconscients pour mettre ainsi en danger la vie d’autrui ??
    Par ailleurs, ce village, dont l’habitat a été préservé (excepté la « verrue » qui s’est bâtie il y a 1 an, cherchez-la !) va perdre tout son charme, et les touristes qui y venaient justement pour sa tranquilité et sa beauté iront ailleurs. Mais, dans la Manche, ça commence à devenir problématique, tant le département se trouve défiguré….

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